Deux danseuses d’exception font virevolter les codes de la danse-théâtre et voler en éclats l’absurdité bureaucratique de l’accueil, fondée sur le soupçon et la mise à l’épreuve des récits.
Vous avez dit « kafkaïen » ? Oppressante, absurde, inhumaine : la procédure administrative au cœur de La Demande d’asile mérite pleinement ce qualificatif. Entre danse et théâtre, la pièce de Nicolas Barry rend perceptible, à travers le corps de ses deux danseuses, la brutalité de l’entretien mené par les autorités à cette occasion – entretien qui a tout d’un véritable interrogatoire. Répétition des questions, suspicion permanente, obligation de livrer ses traumatismes : la violence politique se déploie à travers la langue de papier de l’administration.
Ce parcours bureaucratique est particulièrement éprouvant pour les personnes LGBTQIA+ : comment trouver les mots pour dévoiler une identité longtemps cachée ? Comment parler d’amour ? S’appuyant sur les ressorts du théâtre, il chorégraphie le face à face d’une agente administrative et d’une femme qui demande l’asile en raison de son orientation sexuelle. Leurs paroles sont amplifiées par des gestes de plus en plus mécaniques et athlétiques qui se désynchronisent de leurs répliques dans des scènes qui tournent vite au grotesque. Avant un coup de théâtre ?
En relation avec le spectacle : dimanche 30 août, de 13h00 à 22h00, Un dimanche de fête à l'Ariana avec l'équipe de La Demande d'asile. De la scène au dancefloor, il n’y a qu’un pas… de danse, bien sûr ! Nicolas Barry et son équipe artistique vous font profiter des multiples facettes de leur talent et de leur sens de l’hospitalité. Maintenant, c’est à vous de jouer !
Musée Ariana - Musée suisse de la céramique et du verre
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