Du 5 novembre au 17 décembre, l'artiste Olivia Malena Vidal expose une sélection d'oeuvres réalisées entre 2015 et 2026 à la Fondation WRP. Vernissage mercredi 4 novembre de 17h30 à 20h.
Réunissant des œuvres réalisées entre 2015 et 2026, l’exposition d’Olivia Malena Vidal témoigne d’une pratique qui se construit dans le passage d’un médium à l’autre. Photographie, peinture, dessin et collage ne sont pas envisagés comme des espaces distincts, mais comme différentes manières d’explorer, de transposer et de traduire une même obsession : l’image.
L’image est à la fois sujet, matière et point de départ. Elle est regardée, photographiée, peinte, découpée, recouverte, agrandie ou réduite. Elle change de contexte, d’échelle et de statut. Une photographie devient peinture, un dessin devient photographie, une image choisie peut être intégrée à un collage puis recouverte par la peinture. Chaque métamorphose produit un écart : quelque chose de l’image première demeure, tandis qu’une nouvelle apparaît.
Cette façon de travailler s’accompagne d’une réflexion sur le regard. Se glisser dans une image, observer l’architecture par le biais d’un reflet ou d’une ouverture, déplacer le point de vue : le regard permet d’explorer l’espace et d’appréhender ce qui est vu. Le réel n’est jamais tout à fait regardé frontalement ; il apparaît à travers des détours, des jeux de cadrage et de superposition.
Cette relation à l’image est également tributaire de l’histoire de l’art. Au fil du temps, certaines images sont retenues, accumulées, conservées comme autant de traces de rencontres, de références ou de fascinations. Elles constituent une mémoire visuelle qui peut être fragmentée, superposée et recomposée. Les œuvres d’autres artistes deviennent progressivement une matière personnelle, un champ d’exploration.
Dans ce rapport aux images, il y a d’abord le regard de la spectatrice, attentive aux images qui l’entourent ; puis celui de la collectionneuse, qui les recueille et les conserve ; et enfin celui de l’artiste, qui les découpe, les assemble, les recouvre et les modifie pour faire émerger, à partir de ces fragments, ses propres formes.
Au fil des années, le réel laisse progressivement plus de place à l’abstraction. Les architectures, les paysages, les éléments naturels et les images rencontrées se transforment en lignes, en couleurs, en rythmes. La verticalité, récurrente dans les œuvres de Vidal, reste un motif persistant, où le geste pictural s’affranchit de la figuration.
Lignes de traverse évoque les lignes qui parcourent les œuvres, mais aussi les lignes de pensée, de regard et de transformation. Une manière de chercher sa place non pas en restant au même endroit, mais en passant d’une forme à l’autre, jusqu’à construire progressivement son propre langage.
Texte par Brigitte Vidal
Lundi sur rendez-vous
Mar, Mer, Jeu : 9h-12h et 13h30-17h
Ven: 9h-14h
- Tous publics